LES 2ÈMES JOURNÉES DE SANTÉ MATERNO-FŒTALE : TROIS JOURS D’ÉCHANGES SCIENTIFIQUES AU SERVICE DE L’INNOVATION EN BIOLOGIE MÉDICALE

Du 25 au 27 juin 2026, l’Association Marocaine des Biologistes de Reproduction et de Génétique (AMBRG) a organisé les 2èmes Journées de Santé Materno-Fœtale, réunissant près de 300 participants — biologistes médicaux, gynécologues-obstétriciens, généticiens, chercheurs et professionnels de santé — autour des avancées les plus récentes en santé materno-fœtale.

La première journée s’est tenue à la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Oujda, tandis que les deux journées suivantes ont eu lieu à l’Hôtel Radisson Blu Saïdia.

Placée sous le thème de l’oncofertilité, l’oncogénétique, les infections materno-fœtales, les maladies métaboliques, le diagnostic prénatal non invasif, l’andrologie, la biologie de la reproduction, les innovations technologiques et la médecine personnalisée, cette manifestation scientifique a proposé un programme particulièrement riche, alternant conférences, symposiums et ateliers pratiques.

Une première journée consacrée à la recherche, à l’intelligence artificielle et au diagnostic moléculaire

Le mot d’ouverture a été présidé par le Pr Mohamed CHOUKRI, président des Journées, qui a présenté les grandes orientations du futur Centre CORBI, ainsi que plusieurs projets stratégiques développés conjointement par la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Oujda et le CHU Mohammed VI d’Oujda.
Son intervention a mis en avant l’importance de l’innovation, de la recherche biomédicale et de l’intégration de l’intelligence artificielle dans les pratiques médicales afin d’améliorer la qualité des soins et de renforcer la médecine de précision.
Dans cette dynamique, le Pr Abdelmounaim KERKRI (ENSA Oujda) a présenté plusieurs projets collaboratifs illustrant les applications concrètes de l’intelligence artificielle dans le diagnostic médical, l’aide à la décision clinique et la recherche.

Diagnostic moléculaire : des technologies en constante évolution
Le premier atelier, animé par le Dr Mohammed EL MZIBRI, était consacré aux principales techniques de biologie moléculaire. Les participants ont pu découvrir les évolutions des technologies de PCR et du séquençage à haut débit (NGS), ainsi que leurs applications dans le diagnostic moléculaire, notamment le dépistage et le génotypage des papillomavirus humains (HPV). L’intervenant a également présenté les recommandations actuelles privilégiant la technologie GeneXpert pour le dépistage rapide des infections à HPV.
La seconde partie de cet atelier, assurée par Pr Abdelilah LARAQUI, a porté sur les aspects pratiques de la biologie moléculaire en laboratoire, depuis la phase pré-analytique jusqu’à l’interprétation des résultats.

Les infections materno-fœtales au cœur des discussions
Le second atelier était consacré aux infections virales pendant la grossesse. Le Pr Réda TAGAJDID a présenté les stratégies diagnostiques concernant la rubéole, le cytomégalovirus (CMV), le parvovirus B19 et le virus varicelle-zona (VZV), tout en rappelant l’importance d’un diagnostic précoce afin de limiter les complications fœtales.
Le Pr Rachid ABI a ensuite développé les recommandations actualisées relatives au diagnostic biologique du VIH et de l’hépatite B chez la femme enceinte et le nouveau-né.
Enfin, le Pr Hanane SAADI a présenté plusieurs situations cliniques complexes, notamment l’anasarque fœto-placentaire non immunologique et les complications hépatiques liées au virus de l’hépatite B, en soulignant la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire.

Des ateliers pratiques centrés sur la biologie médicale

Les travaux se sont poursuivis à l’Hôtel Radisson Blu Saïdia avec plusieurs ateliers organisés en parallèle.
Le Pr Moncef BENKHALIFA a animé un atelier consacré à l’interprétation du spermogramme selon la sixième édition du manuel de l’OMS, illustrée par plusieurs cas cliniques. Une seconde partie de cet atelier a porté sur l’assurance qualité en laboratoire de biologie de la reproduction, abordant les procédures qualité, les indicateurs de performance et les principes de l’audit interne.
Parallèlement, un atelier sur l’hémostase, animé par les Pr A. BELMEKKI, A. MASRAR, A. KHERMACH et R. SEDDIK, a permis de faire le point sur les explorations biologiques des troubles de la coagulation et leur interprétation.
D’autres ateliers spécialisés ont également été proposés autour du dépistage néonatal, de l’auto-immunité et de l’immunohématologie.

Des symposiums consacrés aux nouvelles pratiques de la biologie médicale

L’après-midi a débuté par un symposium consacré à la biologie médicale appliquée. Le Pr NATIQ a présenté les applications des tests génétiques dans le domaine de la fertilité. Le Pr OUZZIF a ensuite partagé plusieurs cas pratiques illustrant les pièges de l’électrophorèse des protéines sériques (EPP), rappelant qu’avant toute interprétation, il est indispensable de vérifier le contexte clinique, la qualité du prélèvement, les traitements en cours, les profils antérieurs et les variations physiologiques.
Le symposium s’est achevé par une intervention du Pr GRUSSON consacrée aux pièges diagnostiques du bilan thyroïdien. Un second symposium a été dédié aux biomarqueurs et à la médecine personnalisée, illustrant l’évolution rapide de la médecine de précision.

Une cérémonie officielle mettant en lumière les défis de la biologie médicale

Dans son discours, le Pr Mohamed CHOUKRI a rappelé le rôle central du biologiste médical dans le parcours de soins, depuis l’exploration diagnostique jusqu’au suivi thérapeutique, en étroite collaboration avec les équipes cliniques.
Le président de l’AMBRG, M. FILALI, a souligné les nombreux défis auxquels fait face la biologie médicale au Maroc. Il a appelé à une évolution du cadre juridique afin de mieux protéger la biologie de la reproduction et la génétique, tout en défendant les compétences des biologistes médicaux. Il a également annoncé plusieurs projets stratégiques, notamment l’élaboration d’un Livre Blanc de la biologie génétique, destiné à accompagner le développement de cette discipline et à renforcer la souveraineté scientifique nationale.
Le Pr SERAJ, Doyen de la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Oujda, a quant à lui salué l’importance de cette rencontre scientifique et encouragé le développement de la recherche multidisciplinaire.
La journée s’est poursuivie par une conférence du Pr KHALIFA consacrée aux perturbateurs endocriniens, mettant en évidence leurs effets délétères sur la fertilité masculine et féminine, notamment l’altération de la qualité des spermatozoïdes, la diminution de la réserve ovarienne et l’augmentation du risque de ménopause précoce.

Une troisième journée riche en échanges autour des interactions materno-fœtales, de l’oncofertilité et des maladies métaboliques

La troisième et dernière journée a été marquée par plusieurs symposiums de haut niveau scientifique, mettant en lumière les avancées récentes dans les domaines de l’immunologie de la grossesse, de l’oncofertilité et des maladies métaboliques de la reproduction.
La matinée a débuté par un symposium consacré aux interactions materno-fœtales. Le Pr BENSALEH a ouvert la session en présentant les nouvelles approches d’évaluation de la réceptivité endométriale et du profil immunitaire par cytométrie en flux, soulignant leur intérêt dans la prise en charge des troubles de la fertilité.
Le Pr BELMEKKI a ensuite abordé les incompatibilités immuno-hématologiques materno-fœtales, en insistant sur l’importance d’une collaboration étroite entre biologistes médicaux, gynécologues-obstétriciens et hématologues afin d’assurer un diagnostic précoce et une prise en charge optimale.
Le Pr SEDDIK a présenté les particularités physiologiques et biologiques des paramètres hématologiques chez la femme enceinte, rappelant la nécessité d’une interprétation adaptée des examens de laboratoire au cours de la grossesse. De son côté, le Pr SAADI est revenu sur les enjeux de l’allo-immunisation materno-fœtale, mettant en avant l’intérêt d’une stratégie diagnostique rigoureuse permettant d’éviter les injections inutiles d’immunoglobulines anti-D lorsque le fœtus est Rhésus négatif, tout en allégeant une surveillance parfois contraignante.
La session s’est poursuivie avec une intervention du Pr TAGAJDID consacrée au cytomégalovirus (CMV) au cours de la grossesse, présentant les connaissances les plus récentes en 2026 ainsi que les perspectives de développement du diagnostic et de la prise en charge au Maroc. Enfin, le Pr GRUSSON a clôturé ce symposium en rappelant le rôle central de la thyroïde dans la fertilité, le bon déroulement de la grossesse et le développement fœtal.
Le deuxième symposium de la journée a été consacré à l’oncofertilité, une discipline en plein essor visant à préserver le potentiel reproductif des patients atteints de cancer. Le Pr AFKIR a présenté les modalités de suivi des grossesses après un traitement oncologique, tandis que le Dr BENAMAR a exposé les différentes stratégies de préservation de la fertilité chez la femme et chez l’enfant prépubère. Le Dr LOUANJLI s’est intéressé à la préservation de la fertilité masculine chez l’adulte, avant que les Dr EL JANAHI et Dr GOUGET ne détaillent les étapes nécessaires à la mise en place d’une plateforme de cryoconservation du tissu ovarien au sein d’un laboratoire de procréation médicalement assistée.
La matinée s’est achevée par un symposium consacré au Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP), abordé sous ses différents aspects. Le Pr TAHERI a présenté les mécanismes physiopathologiques et les critères diagnostiques de cette pathologie. Le Pr CHOUKRI a ensuite mis en évidence la contribution essentielle du laboratoire de biologie médicale dans le diagnostic et le suivi biologique des patientes. Le Pr BELLAJDEL a exposé les stratégies thérapeutiques en dehors de la fécondation in vitro, tandis que le Pr CHATBI a conclu la session en faisant le point sur les complications métaboliques, cardiovasculaires et endocriniennes associées au SOPK, rappelant qu’il s’agit d’une maladie chronique dont les répercussions dépassent largement le cadre de l’infertilité.

L’intelligence artificielle au cœur des perspectives futures

La cérémonie de clôture a été marquée par deux conférences consacrées à l’intelligence artificielle. Le Dr OUZAHER a présenté les nouvelles applications de l’IA en gynécologie-obstétrique, tandis que le Pr HADDIYA a proposé une vision plus globale des perspectives offertes par l’intelligence artificielle en médecine.
Les Journées se sont conclues par la remise des prix récompensant les meilleures communications orales et affichées, suivie d’un hommage rendu aux conférenciers et partenaires ayant contribué au succès de cette édition.

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